
Culture des fruits et légumes de serre (serriculture)
Mode de culture distinct
La culture en serre, aussi appelée serriculture, consiste à faire pousser des végétaux à l’intérieur de constructions de verre ou de plastique, dotées d’un système d’irrigation, de chauffage et de ventilation. L’environnement y est contrôlé pour favoriser la croissance des fruits et des légumes. La serre protège également les plants du froid et des intempéries.
Production variée
L’engouement pour les fruits et légumes de serre ne cesse de croître. Cela s’explique en partie par la disponibilité de nouveaux produits de serre québécois en épicerie. Par exemple :
- des tomates de couleurs et de formes variées;
- des mini-concombres, comme les concombres libanais;
- des poivrons colorés;
- différents mélanges de laitues, comme la mâche et la roquette;
- des fines herbes;
- des légumes exotiques (bok choy, chou frisé, etc.)
Les fraises et les framboises de serre ont également fait leur apparition sur le marché.
Quelle que soit sa grandeur, une serre de jardin est indispensable pour les passionnés de jardinage et d’autosuffisance.
La courte période végétative et les gels au sol souvent imprévisibles au Québec justifient la construction d’une serre afin de diversifier, entre autres, ses cultures.
On peut arriver à fabriquer une serre pas cher avec des matériaux recyclés. Il existe plusieurs types de serres répondant à des besoins particuliers.
Guide pour la construction de serre en bois ICI

La culture en serre : plein sol ou hors sol?
Mahmoud Ramadan, agronome
Direction régionale de la Montérégie-Ouest
Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
La culture hors sol ou hydroponique est devenue une réalité pour les serriculteurs sous pratiquement tous les climats. De grandes installations hydroponiques existent dans le monde entier pour la culture de fleurs et de légumes. Bien que la culture hydroponique soit un terme assez récent pour désigner la culture de plantes sans sol, la méthode remonte à il y a beaucoup plus longtemps. Les jardins suspendus de Babylone, les jardins flottants des Aztèques du Mexique et ceux des Chinois étaient une forme de « culture hydroponique », même si elle n’était pas dénommée ainsi. Dans cet article, nous allons essayer brièvement de comparer les deux systèmes de culture et présenter leurs principaux avantages et inconvénients.

Qu’est-ce qu’une culture hydroponique?
L’hydroponie est la science qui consiste à cultiver et à produire des plantes sans l’utilisation du sol. Cette culture utilise un support inerte, tel que la fibre de coco, la laine de la roche, de la tourbe, de la vermiculite, de la perlite, du gravier, du sable, de la sciure de bois ou un autre substrat, auquel est ajoutée une solution nutritive contenant tous les éléments essentiels nécessaires. Étant donné que de nombreuses méthodes hydroponiques emploient un certain type de milieu de culture ou de substrat, dans le milieu des producteurs en serre, il est souvent appelé « culture hors sol », alors que dans la littérature, la culture avec l’eau seule sans substrat serait la vraie hydroponie, comme l’aéroponie ou le système NFT (Nutrient Film Technique).

Culture en plein sol ou culture hors sol?
Pour les cultures hors sol, on remarque des augmentations importantes des rendements en comparaison de celles en plein sol, dans les mêmes conditions environnementales. Dans certains cas, le sol peut manquer de nutriments et avoir une mauvaise structure; par conséquent, la culture hors sol serait très bénéfique. Dans d’autres cas, la présence de parasites ou de maladies dans les sols réduira et limitera considérablement la production globale. En serre, lorsque les conditions environnementales autres que le milieu de culture sont similaires pour les sols et les cultures hors sol, la hausse de la production de tomates cultivées en hydroponie est généralement de 20 à 25 % environ.
Des variétés de cultures de serre particulières ont été créées pour obtenir des rendements supérieurs dans la serriculture, par rapport aux variétés cultivées en plein sol dans les mêmes conditions. Ces variétés serricoles ne peuvent tolérer les fluctuations de température quotidiennes des cultures en plein air; par conséquent, l’utilisation de ces premières variétés s’en trouve limitée à la culture en serre.
Néanmoins, étant donné les conditions de croissance optimales de la culture hydroponique en serre, les variétés serricoles dépasseront de loin les rendements des variétés au champ. Les principales cultures de légumes en serre hydroponique sont les tomates, les concombres, les poivrons, la laitue, l’aubergine et d’autres légumes-feuilles, ainsi que des fines herbes.
Ces variétés maraîchères de serre ont également été créées pour résister aux maladies foliaires et racinaires ou pour les tolérer, ce qui permet d’accroître la production. Actuellement, les variétés de tomates, de poivrons et d’aubergines sont insérées sur des porte-greffes. Le porte-greffe est plus vigoureux que le greffon (variété commerciale) et il est utilisé essentiellement pour tirer parti de son puissant système racinaire et de sa résistance aux maladies racinaires. Le greffage est particulièrement important pour les tomates, pour leur donner plus de vigueur par une absorption optimale de l’eau et des éléments nutritifs et par une meilleure résistance contre plusieurs maladies comme TMV(Virus de la mosaïque du tabac), Fusarium, Verticillium et d’autres maladies racinaires.
La plupart des inconvénients mis en relief dans le tableau peuvent être surmontés par l’emploi de porte-greffes, par l’adoption de nouvelles variétés plus résistantes aux maladies ou par une meilleure maîtrise de la solution nutritive.
Enfin, malgré les différents avantages qu’apporte la culture hors sol, la culture en plein sol dans une serre représente un choix judicieux par les petits et les moyens producteurs qui désirent obtenir une certification de nature biologique et garder un contact direct avec la terre.
Prevoir un système d’arrosage automatisé pour faciliter le tout.
La culture hydroponique par rapport à la culture en sol
| Principaux inconvénients : | Principaux avantages : |
| Le coût de l’investissement initial est élevé.Certaines maladies causées par des champignons telles que Fusarium, Verticillium et Pythium peuvent se propager rapidement dans l’ensemble du système.Les problèmes nutritionnels sont complexes.Pour l’hydroponie, il est difficile d’être reconnue et certifiée, en matière de culture biologique, en raison des normes de la certification. | Le contrôle et la maîtrise de la nutrition sont plus efficaces.La serriculture hydroponique est possible dans les régions du monde où les terres ne sont pas cultivables.On note l’utilisation efficace de l’eau et des fertilisants, de même que la facilité de la stérilisation du substrat et la réduction des coûts qui s’y rattachent.Les plantations ont une densité élevée et se caractérisent par une augmentation des rendements au mètre carré.Il est possible d’automatiser les différentes opérations culturales.Les mauvaises herbes sont absentes. |

Cultiver des fruits et légumes 8 pieds sous terre est possible au Québec
Un couple de Fortierville a gagné ce pari!

C’est dans la municipalité de Fortierville que se trouve une serre qui sort de l’ordinaire, un modèle « Walipini », une initiative du couple formé par Pamella Guay-Tremblay et Félix Grimard.
Un projet qui risque d’attirer l’intérêt de plusieurs personnes, à cette époque où l’on parle de plus d’autosuffisance alimentaire.
Le bâtiment a des airs d’une installation de camping et est issu du désir de Pamella, naturopathe de profession, qui rêvait depuis longtemps d’une autosuffisance complète en fruits et légumes pour sa famille.
Pour réaliser ce rêve, le couple a investi plusieurs mois de travail et plus de 8000 $ en matériaux.
Après deux ans de recherches, son conjoint et elle ont décidé de concevoir eux-mêmes une serre souterraine. Ils se sont tournées vers le modèle Walipini, qui est reconnu pour sa grande résistance en climats rigoureux. C’est un modèle serricole qui a été développé au début des années 1990 dans les hauts plateaux boliviens.
La Walipini a une structure à moitié enfouie, qui permet d’optimiser l’effet géothermique du sol. À une certaine profondeur, la chaleur est relativement stable. La partie hors-terre, pour sa part, est recouverte d’une double toile transparente laissant entrer les rayons du soleil à profusion. Et les abeilles également, a expliqué Félix Grimard à Radio-Canada. Monsieur Grimard a en effet installé une petite fenêtre q sur la toiture, qui permet aux abeilles d’entrer pour effectuer leur travail de pollinisation.
C’est une réalisation impressionnante, surtout de la part de deux jardiniers amateurs. Le couple a su creuser à plus de 8 pieds (2,43 mètres) de profondeur sans risquer d’atteindre la nappe phréatique, qui est relativement profonde sur leur terrain.
Afin d’obtenir des degrés supplémentaires, le couple a ajouté à la structure habituelle d’une serre Walipini, un aménagement en gradins qui est constitué de 350 pneus usagés, qui stock efficacement la chaleur et la restitue par temps froid. Se procurer les matériaux n’a pas été compliqué pour monsieur Grimard, qui tient le garage de son village.
Avant d’enfouir des pneus sous terre, le duo a dû répondre aux exigences du ministère de l’Environnement. Les pneus ont donc été nettoyés, compactés et recouverts d’une membrane spéciale visant à empêcher leur dégradation une fois sous terre.
Grâce à sa serre, la famille de Pamella et Félix peut manger rien de moins qu’une trentaine de variétés de fruits et légumes, comprenant même des variétés plus exotiques comme l’ananas, le citron et la figue.
Lorsque la famille a des surplus de fruits et légumes, elle les offre à des gens de leur village, comme leur amie Régine, qui s’occupe du restaurant de l’auberge de Fortierville.
Il est tout de même fascinant de songer qu’il est possible de faire pousser des agrumes dans le froid sol québécois!



ref: journal Gestion et technologie agricoles (GTA), 9 mai 2019

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